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  • : Salut ! Ce modeste blog pour illustrer ma coopération internationale au Tchad. Je suis actuellement coordinateur de la radio Effata, à Laï. Quelques photos et quelques textes pour vous faire partager ma vie ici. N’hésitez pas à venir faire un tour !
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 18:06

Bonjour à tous ! Comme réclamé par beaucoup, les suites de mes folles péripéties à Laï.

Alors toutes mes excuses, ça faisait bien longtemps que je n’avais plus partagé ce que je vis ici, en pleine brousse tchadienne. Ce n’est pas parce que je n’ai rien à raconter, loin de là. Je vis tous les jours des choses surprenantes, je pense que c’est le bon terme. Et c’est dur à retranscrire, vous ne me croiriez pas si je vous expliquais le quart de ce que je vis. Enfin bon, je vais quand même essayer de vous relater un peu ce que j’ai vécu ces derniers temps.

 

Mon travail à la radio 

Toujours autant de boulot, je n’arrête pas mais je pense être mieux intégré désormais. A peu près, ça prend du temps au Tchad. La grande nouveauté c’est que je m’occupe désormais de la page internationale du journal, donc je suis tous les soirs sur les ondes de radio Effata, la radio la plus écoutée de la Tandjilé, ça c’est la grande classe ! Du coup, je garde mes matinées pour faire tout le travail administratif et  relationnel, en gros assurer le bon fonctionnement de la radio, et le soir, je fais purement du travail journalistique. Ça me coupe la journée et change d’activités donc je trouve ça pas plus mal. On a fêté les 5 ans d’existence de la radio le 28 janvier. Ça nous demandé à tous pas mal de travail puisqu’on a silloné pas mal de cantons, pas mal de villages de brousse pour aller à la rencontre des auditeurs. Je garderai à l’esprit le voyage en moto pour aller à Mandé, 25kms à l’est de Laï. On a fait 3 heures de marché, à rencontrer plein d’ethnies, les chefs de village et religieux. C’était vraiment intéressant. Et mention spéciale pour les Peuls. Je trouve que ce peuple nomade a vraiment la classe et respire la tradition ancestrale africaine. Un peuple qui a toujours vécu selon sa philosophie, et qui doit pas mal se contrefoutre de la mondialisation je pense. Bref, ça s’est terminé par un débat le 28, émission spéciale de 4 heures le matin conclue par un repas avec le personnel. C’était bien sympa, mais maintenant ça fait du bien d’avoir un peu plus de temps pour respirer.

 

Nouvel an à N’Djamena

On s’est bien habitué à Laï désormais, mais on aime bien aller retrouver une grande ville aussi, voir si les voitures et la pollution ça existe toujours. Et puis il faut faire un stock de nourriture qu’on ne trouve pas à Laï, genre de l’huile d’olive du poivre ou du fromage (non je ne déconne pas). Donc avec mon coloc Yves et Rémi, on est parti à la capitale fin décembre. En plus on devait retrouver pas mal de coopérants français sur place pour le nouvel an. Et on devait aussi choper Pierre le 1er, le 3ème coopérant français de Laï qui habite désormais avec nous. Parti le 28 décembre au matin, 3 nassara dans une voiture, peut-être pas très prudent mais bon…  Du coup, on arrive au Centre d’Accueil de Kabalaye après un peu plus de 6 heures de route, sans aucun souci. Et 4 jours de vacances en prévision, ça fait plaisir. Enfin ! Globalement ça s’est très bien passé. Comme c’était les fêtes, il y avait pas mal d’humanitaires français en vacances à N’Djamena. Des gens de Mongo, d’Abéché, de Goz Beida, de Doba, de Pala… Et c’était vraiment intéressant de pouvoir partager nos expériences respectives. Les conditions de vie, les mentalités aussi sont vraiment différentes selon l’endroit où on est mutés. On se rend compte qu’on est bien tranquille à Laï, même si on manque vraiment de matériel, de nourriture, de loisirs. Je pense en particulier à ceux qui travaillent dans les camps de réfugiés à Abéché, à ceux qui sont sur la route rebelle à Mongo. Ce n’est pas évident pour tout le monde, et ça fait vraiment du bien de partager ça entre Français. Ça fait un break et ça fait réfléchir. Surtout, ça faisait très longtemps que je ne m’étais pas retrouvé à table avec une quinzaine de blancs, ça fait même bizarre à force de ne côtoyer que des Tchadiens ! Pour le soir du 31, on avait réservé dans un restaurant érythréen, on a mangé un plat typique et bu de la bière locale (ne me demandez pas les noms, j’ai oublié !), et on fini la soirée chez Frédéric, dans sa concession. Vraiment une bonne soirée, dans une ambiance surréaliste parfois (genre le retour de nuit).

 

Sinon N’Djamena est vraiment une ville fascinante. Vraiment une expérience à vivre. Les rues sont pleines de monde, le grand marché toujours impressionnant, avec son nombre incroyable de tabliers et de commerçants. Une ville en plein essor économique aussi, où l’on sent que les infrastructures, les entreprises évoluent. Et aussi une misère apparente. Le genre de ville où c’est un peu tendu pour un blanc de se déplacer à pied le soir et où les vigiles de bar sont des militaires armés de kalachnikovs. Par contre on s’est fait plaisir, genre les restaurants  et boulangeries français (5 mois que je n’avais pas mangé un croissant, ni un yaourt !), et aussi le bon moment passé au Méridien, l’hôtel de luxe de la capitale. Reçus comme des rois, au bord de la piscine avec vue sur le Chari et au-delà, sur le Cameroun. Oui il y a quand même certains bons côtés de ma mission, et après 5 mois en brousse, on ne refuse pas un décor européen.

J’en ai aussi profité pour aller voir un médecin français, faire quelques tests parce que j’avais des petits ennuis de santé, et tous les résultats sont négatifs, donc c’est cool. Je suis parti bien rassuré. Ça fait peut – être très « colon » d’aller voir un médecin français mais j’ai profité d’un endroit clean, où il ya de bonnes conditions sanitaires. Quelques fois, on a peur de ressortir avec une autre saloperie.

 

Donc 4 jours de break qui font vraiment du bien, et on est reparti à Laï pour reprendre le boulot. Pas de soucis non plus sur le retour sauf une crevaison, mais c’est le jeu sur ces pistes. Et j’ai vraiment apprécié le retour à Laï, retrouver les amis, ses petites habitudes, le calme…

 

Quelques anecdotes en vrac pour finir

 

La CAN, un truc de fou en Afrique, enfin à Laï en tout cas

Comme vous savez, j’adore le foot, et comme c’était la Coupe d’Afrique, je me suis demandé comment ça se passait ici. En fait j’ai vite compris. Il suffit d’avoir une télé, et tout le monde se retrouve, la porte est ouverte. C’est vraiment une bonne ambiance, ça commente pas mal, ça rigole, c’est vraiment chouette. En général,  il y a plusieurs télés, dans les concessions, le centre culturel. Bon j’avoue, moi j’allais plutôt à l’abreuvoir retrouver mes amis. Et puis je commence par avoir mes petites habitudes. Mais c’était pour des rasions professionnelles bien sûr, puisque je faisais un résumé à la radio dans le journal du soir.

Le jour de la finale a été un grand moment aussi. Au sortir de la sieste, à 17h, rdv à l’abreuvoir avec les amis, c’était noir de monde (sans mauvais jeu de mots). Très sympa, très animé. Et puis c’est drôle parce que le foot est vraiment un sport universel, et on trouve facilement des sujets de conversation !

 

Le coup de la crevasse

Là j’ai eu bien peur, mais ça s’est bien terminé, donc maintenant je peux vous raconter. C’était il y a une petite dizaine de jours je crois, je suis parti avec un ami tchadien en pleine brousse chercher un autre ami. Il fait nuit noire (aucun éclairage public bien sûr et ce soir il n’y pas de lune. On s’engage sur un chemin improbable, je roule vraiment doucement. Et là la voiture pique du nez, se bloque. A fond sur l’accélérateur, je patine dans le vide, et j’ensable les roues arrières. Et merde ! On descend voir les dégâts et je manque de me tomber. Une crevasse énorme, en plein chemin.  Genre à pic, 2 mètres de profondeur. J’ai mis en fait la roue avant dans le trou, du coup la voiture complètement penchée en avant, en plus comme j’ai fait le bourrin pour la sortir, j’ai ensablé les roues arrières. Par contre la solidarité en Afrique, ce n’est pas un mythe. Imaginez, planté en plein brousse, en plein nuit, au milieu de nulle part. On fait quoi ? Deux gars sont sortis d’une case, et ont commencé à parler avec Allafi, mon pote (toujours avoir un ami tchadien avec soi). Et les deux hommes amènent des pelles, des pioches. On commence à dégager les roues, à mettre du seiko pour que ça glisse, à faire un monticule pour relever la roue avant. Et on tente la sortie du 4x4. Impossible, après une 30min d’efforts, je sens de la fumée donc j’arrête tout. Alors il faut réfléchir, qu’est ce qu’on fait. Ah Théophile et Yves ! J’appelle mon coloc Yves, qui appelle Théophile, le chef de garage et un bon ami. Coup de chance, il est dispo, il a bossé toute la journée comme un malade, revient juste de Kélo, mais on peut vraiment compter sur lui. Et il a la dépanneuse locale surtout. Ils arrivent à peine 10 minutes plus tard. Et je me fais bien disputer comme on dit ici. Ils me disent que j’ai eu énormément de chance, de regarder la situation. Eh oui, effectivement j’aurai pu tomber dans la crevasse, passer par le pare-brise, bref j’aurai pu me faire très mal. Là je réalise, c’est pour ça qu’Allafi ne faisait pas le malin non plus. Bon Théophile prend les choses en main, déblaye, donne les bons coups de pioche. On finit par attacher un câble entre les 2 4x4 pour la sortir de force. Après 5 min, à pousser comme des dingues aussi, on y arrive, et c’est vraiment un soulagement. On rentre décompresser et offrir une bière à Théophile quand même, mais vraiment, on peut dire ce qu’on sur Laï et sur le peuple tchadiens, les vrais amis se mettent en 4 pour t’aider quand tu as un problème. Franchement ça fait chaud au cœur. Au bout de quelques mois, on sent qu’on commence à être appréciés, à avoir de bonnes relations. Et je ne sais pas comment je me serai démerdé seul. Heureusement qu’il y le portable qui passe depuis quelques années. Comme on dit ici, merci beaucoup. 


Bon je m'arrête là pour ce soir, ça vous fait déjà pas mal de lecture, et franchement si vous êtes arrivés eu bout, merci.
Je rédige en ce moment la suite de quelques anecdotes, je publie ça très vite. 

Par Christophe Laï
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 10:06
Je reprends la plume, ou plutôt le clavier pour un petit bilan de ces deux premiers mois passés au Tchad. Ça passe vite et en même temps j’ai déjà vécu tellement de choses, positives ou négatives, c’est selon, que j’ai l’impression que ça fait une éternité que j’ai commencé ma coopé.

 Ça faisait aussi un petit moment que je n’avais rien posté sur ce blog, déçu par l’utilisation que des tierces personnes pouvait en faire. Donc mes propos seront encore modérés sur ce que je vis réellement.

Avant tout, deux choses en vrac, réflexions vécues après ce qui suit. On n’a pas eu Internet pendant quasiment une semaine (là on se sent vraiment coupé du monde !), il faut être patient. L’autre jour, chez Douma on a eu la chance de voir un DVD( !), « Blood Diamond ». Je ne vais pas vous faire le synopsis de l’histoire, assez forte d’ailleurs, mais en le regardant en Afrique, on a une perception totalement différente du film, on imagine beaucoup mieux la réalité de la chose et ça fait encore plus froid dans le dos. En rentrant à la maison, c’est peut être là où j’ai senti que j’y étais vraiment, en arpentant les mêmes routes, en voyant des visages similaires à ceux du film. Et la deuxième, j’ai appris la qualif de la France pour la coupe du monde, et on a fêté ça hier soir (de même que pr l’Algérie, ça devait être la fête en France !). Bon ok c’est pas vraiment une réflexion philosophique mais au moins ça me permet de ne pas être ridicule au fin fond de la brousse. Ici, on supportera plus le Cameroun voisin en fait. Il suffit juste de récupérer une télé et une parabole pour suivre tout ça, c’est pas gagné !

Donc déjà deux mois en terre tchadienne, quasiment la totalité dans ce petit village de brousse qu’est Laï. Comme c’est un village vraiment enclavé dans la Tandjilé, que je n’ai pas de moyen de locomotion et qu’après tout mon travail se déroule essentiellement dans mon bureau de la radio, je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir beaucoup de territoire. Mais ça va venir, j’ai un déplacement à N’Djamena à la fin du mois, et si tout va bien, je vais à Kélo, voire à Bébalem la semaine prochaine. Tout ça pour dire que c’est parfois assez pénible de rester au même endroit, la routine s’installe vite et ma vie est rythmée selon le travail à la radio. J’attends vraiment de découvrir d’autres paysages…
Le gros avantage est que je commence bien à connaître mon travail, et que ça se passe de mieux en mieux. Après l’épisode désagréable du début, tout le monde est reparti sur de nouvelles bases, ce qui donne une bien meilleure ambiance de travail. Et je vois désormais ce que je dois faire, et il y a du taf ! Entre les contacts avec les nombreux partenaires, le travail journalistique en lui-même, et le fait que je dois vraiment gérer toutes les affaires internes de la radio, les journées sont bien remplies. Et j’apprends aussi vraiment à gérer le personnel, à évacuer les tensions, à faire le relationnel, à mettre les choses au point. Et vraiment on oublie le travail d’ « humanitaire », c’est la première fois où je dois gérer autant de personnes, ce qui inclut que je prends les décisions finales, etc. alors certes, c’est un super taf et j’apprends de nouvelles compétences, mais comme dans toute entreprise, le patron a un statut un peu ambigu… Mais dans l’ensemble ça se passe bcp mieux, surtout depuis que j’ai retrouvé la pause café-beignets de 10h du matin !

Je me suis aussi bien installé maintenant dans ma petite vie quotidienne. Pour information, j’ai appris qu’on vivait au quartier Taba, en plein quartier Kabalaye. On s’habitue au paysage, on a sympathisé avec les voisins, on échange des services. Par exemple, souvent on leur donne de la nourriture en échange d’un déplacement de briques, d’une coupe dans un bananier. On a de bonnes relations même si les enfants du voisinage sont parfois envahissants. On reste les « nassara » du quartier, mais on ne fait plus trop attention. Pour le reste, on a aussi nos habitudes, genre les palabres le soir dans différents bars. Enfin à l’abreuvoir, sous les manguiers et chez Douma. Ça c’est un nouveau bar qu’on a découvert et ou on va souvent avec Yves. On s’entend bien avec les serveurs (les fils ou la famille de Douma en fait) et c’est très reposant comme endroit. Et il y a même une télé !! ça aussi on s’habitue vraiment à s’en passer, mais de temps en temps c’est appréciable. Bon le problème c’est que ça dépend de la bonne volonté du groupe électrogène et que ce sont des feuilletons tout pourris (ça j’assume), rigolos au final. Les Tchadiens sont passionnés quand la télé est en marche.

Et il y a le marché aussi, où on va régulièrement pour avoir les produits frais ; on a aussi notre alimentation attitrée désormais, chez Ali, donc on a quelques repères. Et puis je commence à bien savoir marchander. Je m’inculture ! Je vous parlais précédemment du fait qu’on mangeait toujours la même chose. C’est toujours pareil mais ça aussi on s’habitue. La contrepartie c’est qu’on mange bio. C’est con mais les aliments ont vraiment leur goût. Alors après vous pouvez me parler de marché bio en France, d’aliments sans pesticides ou autres, venez manger en Afrique, en pleine nature, là on a vraiment des saveurs particulières. Par exemple le poulet grillé. Explication ; le poulet vit en plein air, on demande à Clémentine (notre cuisinière) de nous faire griller un poulet le midi. Et la on voit un gosse qui court après un poulet qui doit sentir sa fin très proche, qui le tue, La cuisinière qui le plume, qui le vide et le grille. Un régal à déguster !! C’est comme les fruits que les femmes nous apportent régulièrement au boulot, c’est trop bon !

 Ah oui aussi, l’autre jour on a été faire un tour avec Yves en dehors de Laï, et j’ai vu des paysages de dingue. Des vraies cartes postales. On a du rouler 3 minutes avant d’arriver en pleine brousse. On a suivi une piste, longeant le fleuve Logone, avec quelques hippopotames qui sortaient les naseaux. Donc on roulait avec d’un côté le fleuve d’un bleu incroyable, et de l’autre les hautes herbes de la savane, des couleurs vert-jaune-rouge, réellement. Et on rentrait vers 17h30 pour aller au boulot, on a même eu droit au coucher de soleil sur le Logone. C’est indescriptible tellement c’est magnifique. La nature sauvage dans toute sa splendeur. Les photos sont dans ma tête, j’y retournerais pour vous montrer plus tard quand même.

Samedi dernier, c’était les 3 ans du petit Miguel, le fils de mon collègue Jean. On était donc invités dans sa concession pour le goûter. Il y avait beaucoup de monde, les mamans et leurs (nombreux !) enfants, les hommes et les jeunes. Ça a duré une bonne partie de l’après-midi, et c’était très sympa. En tout cas, on a été reçu comme des rois.

 En conclusion, énormément de choses apprises en deux mois. Je m’attendais à un choc culturel. J’en ai vécu un énorme, et pas forcément par rapport aux paramètres que j’envisageais. C’est difficile à certains moments parce qu’on se heurte de plein fouet à des valeurs traditionnelles qu’on a du mal à accepter. Et du fait de mon origine, des responsabilités de mon travail, je dois faire attention à tout, à ce que dis, à ce que je fais. Et donc les relations sont parfois ambiguës. Mais au moins j’ai l’impression d’avoir déjà beaucoup appris, même si on est tous les jours surpris par des détails. Maintenant, je vois un peu mieux comment il faut faire, on verra la suite … Bon allez, j’en profite pour faire un tir groupé et saluer tout le monde, la famille, les amis, les anciens collègues... Merci à tous ceux qui m’envoient régulièrement des nouvelles, vous n’imaginez pas à quel point ça fait du bien quand on est loin ! Et à bientôt pour de nouvelles aventures !
Par Christophe Laï
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 19:55

Lallé !

 

J’avais écris une intro marrante, mais le ton devient plus neutre, donc du coup je vous laisse découvrir quelques impressions de ces derniers jours à Laï.

 

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« Bonjour Mr le coordinateur »

 

Ça se passe pas trop mal à la radio,  j’ai aménagé mon bureau, classé mes dossiers, pris toutes les fournitures dont j’ai besoin pour travailler. Ça fait du bien de se sentir un peu chez soi et ça permet de bien bosser. C’est juste dommage que le Pc est planté 2 jours après.

Sinon, je commence à prendre mes marques. Je me présente aux partenaires, ainsi qu’aux personnalités importantes qui viennent pour des émissions à la radio, le préfet, la directrice de la Croix Rouge, le maire, le délégué à l’agriculture…

Niveau travail, je commence à prendre mon rythme. Conf de rédac à 9h, rédaction de devis, actu internationale, rédaction de dossiers, contact avec les partenaires, j’apprends doucement.

 

A la casa :

La vie à l’extérieur du travail se déroule aussi tranquillement. Avec Yves on apprend l’espagnol. Et il y a plein de petits critères marrants, comme la préparation de la nourriture, les discussions.. Mais comme dans toute colocation, il faut se supporter. Alors ça se dispute parfois en espagnol entre Javi et Sara, certains mettent plus la main à la pâte que d’autres, mais bon, ça se passe quand même assez bien. Et comme le soir, il n’y a rien à faire, on palabre. J’apprends énormément sur l’Afrique, notamment grâce à l’expérience au long cours d’Yves. En parlant de pâte (quelle transition !), dimanche on a tenté de faire une pizza dans le four en bois. Grands première, je sais faire une pâte à pizza. Elle était plutôt bonne, malgré le fait qu’elle n’était pas bien cuite. Mais on n’a pas de vrai four et au moins on l’aura préparé nous même !

On va toujours aussi souvent sous les manguiers, chez Delphine. Surtout le soir après le travail, c’est pas mal, en pleine nature, sans bruits, sous les étoiles.. Samedi c’était l’anniversaire de Sara, alors on a mangé à midi là-bas. Un bon cabri grillé avec des frites et une bonne salade en entrée. On se serait presque cru à McDo, sauf que la nourriture était bio et que l’accueil n’a rien , mais vraiment rien à voir.

En plus, on a recruté son fils, Alexis et son cousin Jonathan. Ils viennent faire le repassage à la maison une fois par semaine.  Ils ont 16 ans et ils vont à l’école la semaine où ils essaient d’apprendre. Donc ils viennent le week-end et on leur donne un peu d’argent. Et on sait qu’ils l’utilisent pour acheter des cahiers, des crayons. Ce sont des bons petits gars. Et également, je sais faire une lessive ! Wouhouh !

Ah si dernière et très bonne nouvelle, on a l’électricité !! ça a mis plus d’une semaine pour que ça marche correctement mais ça fait vraiment plaisir, de ne plus cuisiner dans le noir, de ne pas chercher sa lampe frontale pour aller chercher un crayon dans la cuisine.

 

Choix cornéliens

 

Il faut parfois choisir ici entre plusieurs facteurs, qui peuvent sembler aberrants parfois.

 

Cafards ou scorpions ?

 

A choisir, le cafard, parce qu’au moins ça n’envoie pas l’hôpital. Explication : Quand il fait humide et noir, les cafards sortent. On en a bcp à la maison et quand on rentre le soir, il faut faire l’état des lieux de la maison. Certes ça sort des fosses sceptiques et tout, ça grouille et ça va dans la bouffe. Donc on les écrase. Et puis comme ça on s’efforce de garder la maison propre.

Et quand il fait humide, ce sont plutôt les scorpions, cherchant le frais, qui peuvent venir à la maison. Pour l’instant, rien, si ce n’est un tout petit l’autre jour. On les voit plus à la saison chaude.

 

La sueur au front ou la goutte au nez ?

 

Il fait très chaud à Laï. Depuis que je suis arrivé, il fait quotidiennement entre 32 et 35°. Et je n’écris pas ça pour chambrer parce que j’aimerai vraiment que ça descende un jour. Alors on transpire, toujours. Le pire c’est entre 11h et 16h, c’est une fournaise. Au moins ça permet de m’habituer pour les fortes chaleurs à partir de février. Et c’est un soleil qui brûle, qui fait vraiment mal, donc on évite de s’exposer. Après on dit que les Africains sont fainéants, qu’ils marchent lentement, etc. C’est juste qu’avec cette chaleur, il faut faire le moins d’effort possible parce qu’autrement ce n’est pas supportable. C’est comme l’impossibilité de travailler entre midi et 15h.

D’où la goutte au nez. On recherche le moindre courant d’air, le moindre petit coup de vent. Avoir un ventilateur au travail n’est vraiment pas un luxe, et dès qu’il y un peu de gouttes qui tombent, on se met dessous, c’est comme ça.

 

Pâtes ou riz ?

 

Ça c’est la question quotidienne. Comme il y a très peu de diversité au niveau de la nourriture, et très de peu sécurité (pour un occidental) concernant les aliments trouvés au marché, on en revient tjs aux sucres lents. Donc en général c’est pâtes le midi et riz le soir, ou l’inverse. Non j’exagère, on a aussi des patates. Quand on est ambitieux, on ouvre une boîte de conserve où on se motive pour faire une salade composée. Et on essaie de cuire de la viande au moins une fois par semaine. Concernant les légumes, on mange beaucoup d’œufs, de tomates, de concombres. On fait avec ce qu’on trouve au marché !   

 

Le bruit où la bière chaude

 

La bière chaude, et oui ! Explication : il y a 2 bars où l’on peut aller gentiment se détendre la soir. Enfin 2 bars à côté de chez nous j’entends, je ne connais pas encore très bien tous les quartiers de Laï. Il y a donc l’abreuvoir et chez Delphine, mais vous les connaissez bien mtnt, vous que vous êtes des lecteurs assidus. Donc à L’Abreuvoir, une discothèque, il y a le groupe électrogène qui tourne bien. La bière est comme on dit bien tapée mais le volume des enceintes est à fond et c’est assez difficile pour discuter.

on préfère donc aller chez delphine. Certes, la bière n’est pas toujours fraîche, mais on est sous les manguiers et sous les étoiles, c’est très calme et il y a toujours quelqu’un en plus à palabrer. 

 

 

Quelques clichés occidentaux

 

Pour terminer et comme ça fait dejà 5 pages (moins du coup ), quelques réflexions en vrac et quelques clichés avec lesquels je me suis confronté.

 

« tu veux sauver le monde en allant faire de l’humanitaire en Afrique. »

 

Non, alors vraiment pas. Je suis arrivé ici en voulant travailler, tout en découvrant une culture qui m’a toujours fascinée, que ce soit par des récits de proches, ou encore par la culture, films, musique, livres,etc. De fait, je me retrouve de plein fouet confronté à la réalité d’une civilisation qui n’a pas attendu le blanc pour décider de ses propres moyens de fonctionnement. Et ce n’est pas nôtre objectif de changer les mentalités. Et il ne faut surtout pas arriver pour imposer des modes de fonctionnement occidentaux, ce serait comme construire un puits et se barrer sans expliquer comment ça marche. Je pense qu’il faut juste travailler d’égal à égal, en leur apprenant des méthodes, des moyens de fonctionnement tout en considérant leur mode de fonctionnement à eux. Et nos deux pays sont tellement différents, c’est pour ainsi dire impossible de dresser des parallèles, de tout bien raconter. Ça passe surtout par des petits gestes en fait. Et vraiment, ils n’ont pas attendu que j’arrive pour que la radio marche aussi, bien, et elle marchera très bien après mon départ.

 

 

 

 

Voila pour l’essentiel et parce que j’ai déjà bien écris, malgré les coupes.  Le prochain post sera, ou pas, sur les esprits frappeurs, la grande fête des Kabalaye. C’était impressionnant et j’ai pas mal de photos.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Christophe Laï
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 19:45
Le contenu de ce blog sera désormais auto-censuré. Les écrits et les faits qui y seront relatés reflèteront une vision objective et ne porteront pas à polémique.

Ainsi, aucun nom, aucune opinion politique, religieuse, professionnelle ou personnelle ne seront évoqués. Ce support devient donc une plateforme de photos et de constats sur ma vie quotidienne à Laï. Ce n’est donc plus la peine de le surveiller.

Je garde pour ma famille, mes amis et mes proches mes réflexions personnelles concernant ma vie privée.

 A bon entendeur, …
Par Christophe Laï
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 13:01

Ça, c’est LE jingle de la radio où je travaille désormais. Je n’ai pas encore réussi à récupérer mon pc mais j’ai l’impression que l’antiquité de dell que j’ai à ma disposition à mon bureau fonctionne aujourd’hui. Donc la suite de mon voyage !

 

Je me suis à peu près bien acclimaté aux conditions de vie désormais, et niveau santé ça roule bien en ce moment. J’ai enfin pu commencer à prendre mon poste à la radio. Je suis donc coordinateur d’Effata, ce qui veut dire que je dois m’occuper de la gestion du personnel, gérer la grille de programmation, m’occuper des finances, des partenariats, et rédiger divers ordres de missions ou de contrats. Et niveau journalisme, je m’occupe de l’actualité nationale internationale pour le journal du soir.  C’est un boulot très intéressant où j’ai vraiment pas mal de responsabilités, mais aussi pas mal de liberté d’action. Donc ça ma plaît.

On est 5 à temps complet. Jean le technicien son avec qui je m’entends super bien et qui m’a bien expliqué le fonctionnement de la radio, Lucienne, plus réservée mais très compétente, Mathieu et Alexis, deux journalistes qui abattent une masse de boulot considérable et qui gèrent quasiment à eux deux toute l’info et tous les reportages.

Sans oublier les animateurs qui gèrent les plages horaires, Sabine, Juliette, Silas, Arsène, ainsi qu’Alyo qui est aussi très présent pour aider à l’information et à la traduction.

 

La radio à son antenne de 7h à 9h le matin et de 17h30 à 19h30 tous les jours du lundi au samedi. Le dimanche soir est consacré principalement aux 4 traductions des infos hebdomadaires en Kabalaye, Ngambaye, Zimé et Gabri, les 4 principaux dialectes à Laï.

 

La radio existe mtnt depuis 6 ans et c’est un moyen inestimable d’ouverture vers l’extérieur. Laî étant très enclavée, la plupart des habitants n’ont que ce relais pour s’informer, ne serait-ce que de ce qui se passe dans leur propre pays. Et c’est une équipe de jeunes qui fait vivre la radio, donc le développement, à la fois des mentalités et du mode de vie est vraiment très très important.

 

Tous les matins le rappel des infos ainsi qu’une émission interactive sur différents thèmes : les nouvelles réformes, l’éducation, la santé.. Des communiqués locaux aussi, assez drôles pour certains genre : « Machin a perdu une chèvre de robe marron blanche, prière de la rapporter, etc.. ». Bon ok, moi aussi ça me fait rigoler à certains moments ! on touche vraiment aux quotidien et au vital ici.  L’après-midi, pas mal de musique et de brèves au début, puis en général des interviews ( un instituteur, un élu politique, un représentant d’entreprise, une émission (Parole aux jeunes, Attention Sida, Action et Développement, le monde au féminin, etc). ce qui permet de voir la ligne éditoriale de la radio, très axée sur l’éducation et le développement et que je trouve très pertinente ma foi. Et à 19h 30, le grand journal de la rédaction, incontournable ici. Tout ça pour finir gentiment avec un peu de musique jusqu’à la fermeture d’antenne ( et du groupe électrogène ! ) à 20h30.

 

J’aime vraiment beaucoup la politique de la radio (thématiques principales : éducation, prévention à la santé, droit des femmes, développement local, actualités culturelles), même si ça me fait des journées bien chargées au final. Et puis comme expérience professionnelle, ça va faire un sacré avantage sur mon CV au retour ! Même si ce n’est pas pour cette raison que j’ai décidé de vivre cette coopération internationale.

 

Sinon à l’extérieur de la radio, ça se passe bien. Même si l’extérieur est parfois bien proche car on croise les mêmes personnes dans les mêmes endroits le soir, où quand on se balade dans la journée. Et comme on est 4 blancs à habiter au cœur de Laï, tout le monde nous connaît, forcément !

 

Ah oui, on est donc 4 désormais à la maison. Il y a une semaine sont arrivés Javier et Sara, un couple d’espagnols, de l’ONG ADANE et qui viennent travailler pour les missions de Laï, pour s’occuper des finances principalement. Ils ont mon âge, vraiment très sympas, très tranquilles. Et puis c’est marrant parce que mtnt on parle français, espagnol, et un peu arabe à la maison. C’est un peu l’auberge tchadienne en ce moment, du coup !

 

Bon, forcément il y a quelques côtés négatifs également. Genre on va toujours au même endroit le soir parce qu’il n’y a rien à faire d’autre. On va chez Delphine en ce moment. C’est un endroit où on peut boire une ou deux bières le soir. On préfère parce que c’est sous les manguiers, il fait plus frais le soir et surtout on peur parler parce qu’il n’y a pas le son à fond ! Alors on discute en écoutant les bruits de la nature et en regardant le ciel, vraiment superbe quand il est découvert. Bon j’avoue c’est aussi un avantage, surtout, on est au calme !!

Un autre point négatif est qu’on mange TOUJOURS la même chose ! Pâtes, riz, sauce tomate, patates, un peu de bœuf ou de poulet quelquefois. Envoyez moi du saucisson, du fromage et du bon vin, par pitié (et sans vouloir trop faire franchouillard !). mais on s’habitue, hier on a fait une pizza maison au four à pierres, c’était pas mauvais. Bon, la contrepartie c’est qu’on mange totalement bio, oubliés les pesticides et autres colorants, ici on mange littéralement ce qu’on récolte. C’est dingue comme le goût des aliments (genre une tomate) n’a rien à voir avec celles que l’on trouve en France.

 

Donc voila, je vais retourner à mon boulot quand même. Mais on a le temps, il ne faut pas être pressé, ce n’est pas grave. Comme on dit en Afrique : « Ne fais pas le jour même ce qui est prévu le lendemain »

 

 

Bonne journée en attendant la suite !! Et bonjour à tout le monde !

 

Par Christophe Laï
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